Cendré

par RDX

Hip-Hop

Cendré

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Paroles de « Cendré »

INTRO

J'regarde le monde à travers la fumée,
mais c'n'est pas assez nuancé.
J'voudrais voir la vie comme elle est...
Filtré par des yeux cendré.
Alors je grise.

COUPLET 1

J'me lève avec la gueule d'un mec enfarinée.
Ça viens de commencer et j'suis déjà crevé
J'ai raté mon réveil, j'ai du le faire par moi même.
on s'connait mais on se parle plus quand même.
J'ouvre les volets, la ville m'en met plein la face.
j'les referme aussitôt : j'veux pas laisser de traces.
Ya trop peu de choses de notoire.
alors je sors un stick du tiroir.
J'ai des projets dans les mains, des factures dans la tête,
des « ça va ? » automatiques auxquels j'réponds « t'inquiète».
J'ai appris à le dire avec le bon ton.
comme ça personne demande pourquoi j'suis toujours au fond.
J'roule un peu d'herbe toute la journée,
j'laisse mes problèmes dans la fumée.
J'regarde le jour et la nuit se confondre,
si tu veux m'parler, j'fais semblant de répondre.

PRÉ-REFRAIN

J'veux pas disparaître,
juste m'éclipser.
J'veux pas cesser d'être,
juste que ca fasse pas un mal de baiser.

REFRAIN

Alors j'fume pour griser les contours,
j'bois pour compter à rebours.
J'biaise juste assez la réalité
pour pouvoir passer la nuit sans la détester.
J'fume pour que les murs arrêtent d'bouger,
j'bois pour que mes pensées cesse de couler.
J'sais pas comment aimer ce monde,
alors j'ai trouvé comment le rendre immonde.

COUPLET 2

J'ai transformé ma chambre en cabine de projection,
les murs passent les films de mes contradictions.
Y'a mon passé et mon futur en ébullition,
j'suis figurant dans ma vie, j'attends la prochaine saison.
Mon téléphone s'allume, j'le retourne face contre table,
j'ai peur des « tu deviens quoi ? » plus que des insomnies.
Les gens veulent des nouvelles, mais j'ai rien de stable,
j'pourrais leur dire la vérité, mais ca tient pas en story.
J'ai des potes qui m'disent :
« Frérot, faut sortir. »
J'voudrais leur dire :
« Je le fais sans prévenir. »
Mais même après quelques litres.
j'ai l'impression d'être derrière une vitre.
Alors j'fume.
La fumée monte, mes pensées s'enfoncent,
j'oublie mes peines à mesure qu'elles s'effondrent.
J'ai fait d'mon salon un refuge de cendre,
Un monde où je peux enfin me détendre.
Puis j'bois.
Pas pour faire la fête, non.
Juste pour rendre les angles ronds.
que les vérités deviennent grises,
Ainsi, demain, je pourrai me perdre dans la brise.

PRÉ-REFRAIN

J'veux pas oublier ma vie,
juste oublier que j'en suis responsable.
J'veux pas fuir leurs avis,
juste qu'il arrête de me faire sentir coupable.

REFRAIN

Alors j'fume pour griser les contours,
j'bois pour compter à rebours.
J'biaise juste assez la réalité
pour pouvoir passer la nuit sans la détester.
J'fume pour que les murs arrêtent d'bouger,
j'bois pour que mes pensées cesse de couler.
J'sais pas comment aimer ce monde,
alors j'ai trouvé comment le rendre immonde.

COUPLET 3

J'ai des rêves sous vide, des souvenirs sous scellés,
des promesses en retard, des regrets bien rangés.
J'ai classé mes problèmes dans des tiroirs sans poignée,
comme ça, j'peux prétendre les avoir oubliés.
J'suis au fait du fait que j'suis fêlé,
Lucide, je m'empoisonne juste assez.
Pour passer inaperçu,
j'augmente un peu les volumes, quand ça va plus.
Je kiff le silence, il parle trop bien,
j'me laisse glisser, alors j'écoute rien.
J'ai besoin d'un pète pour couvrir le bruit de ma tête,
j'ai besoin d'être sur un nuage pour me sentir au niveau de la plèbe.
C'qui est dépriment.
C'est qu'ça marche vraiment.
Pas longtemps.
Mais suffisamment.
Suffisamment pour sourire.
Suffisamment pour dormir.
Suffisamment pour croire
que demain sera différent.
Puis demain est affligeant.
J'y vois rien de contradictoire.

PONT

Le jour, où j'ai voir mon verre vide.
Je verrai le vrai devenir vain.
Je regarderai mon joint,
S'Il est en forme de pyramide.
Je regarderai par la fenêtre.
Le monde sera toujours là, peut-être.
Même couleur.
Même bruit.
Même bordel.
J'ai compris un truc :
j'ai passé tellement de temps
à tweaker la réalité...
que j'ai oublié
que essayer n'était qu'une perte de temps.

COUPLET 4

Alors j'ai laissé les volets ouverts malgré le soleil,
j'ai laissé la lumière entrer même si j'ai toujours sommeil.
J'ai regardé la ville sans filtre, sans fard,
et franchement, je me suis fumé un pétard.
C'était un fait d'art.
Mais c'était pas un hasard.
J'ai vu mes erreurs, mes dettes, mes absences,
les gens que j'ai blessés durant des années d'inconstance.
J'ai vu le gars dans la glace avec ses yeux vitreux,
j'ai pas aimé sa gueule de miteux.
mais j'ai arrêté.
J'ai posé mon bédo à terre.
Pas comme je le voulais.
Parce que j'étais dans les airs.
Parfois le premier pas
c'est pas d'aller mieux.
C'est juste d'arrêter
de prétendre qu'on est heureux.

OUTRO

Que je filtre ou que je fume. Je reste le même. La vie est grise sans elle. Mais peut-être que je ne vois que l'essentiel.

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