Papi

par RDX

Hip-Hop

Papi

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Paroles de « Papi »

Heyy Papi, vieillard aux mains tremblantes et au souffle court, vivait ses derniers jours dans une prison qui n’en portait pas le nom : la maison du dernier voyage.
Là, sous le joug de dame Elga , l`impitoyable, Bourguignol au chignon sévère et à la voix tranchante.
Le temps s’écoulait avec une régularité glaciale. Deux ombres fidèles, Momo et Jojo, assistaient la directrice, exécutant les ordres avec une rigueur mécanique. 3 règles simples : bouffe, chie et dort

Pour ces p`tit vieux, chaque jour ressemblait à une longue peine. vivre en silence, la tête basse, sous le poids écrasant des murs d`un mouroir. La lumière était trop blanche, les horloges trop bruyantes, les nuits trop longues. Trop, encore trop, toujours trop, le sourire en moins.

Richard avait appris à ne pas trop bouger, pas trop parler. Une flamme subsistait, vacillante encore. Mais au fond de ses yeux usés, une lueur qui ne parvenait pas à s`éteindre : son cœur fatigué battait ses derniers mois. loin de l’accabler, Richard se redressa de son fauteuil, agrippant, avec ses doigts ridés, les accoudoirs comme si la vie lui échappait.

Un soir, dans la pénombre de la salle commune, Notre petit vieux murmura son plan aux oreille de ses compagnons d’infortune. Paul, un ancien marin aux mains calleuses, Simone, une institutrice bien loin d`être une nonne et Michel, taciturne mais fidèle comme un Border Collie, écoutaient le plan avec attention. Une évasion. oui, Richard parlait bien d`une évasion. Le mot semblait irréel, insensé, mais vibrait en eux comme la promesse. de jours heureux.

Les jours suivants, dans le plus grand secret. Chaque geste était calculé, chaque regard échangé portait en eux la complicité de ceux qui n’ont plus rien à perdre.

Sous une lune pâle, le soir de l’évasion venue. Nos quatre comparse s’élancèrent silencieux. Le crissement des graviers sous leurs pied, une porte qui grince, le cœur battant comme un adolescent étêté par les courbes d`un être aimé .

Ils franchirent enfin les grilles de la maison du dernier voyage. Libre. Un mot qu’ils n’avaient pas osé verbaliser depuis des années.

Richard, tenant les mains de ses amis, Mais, a ce moment précis, le vent sur son visage et les étoiles au-dessus de sa tête, il se sentit vivant pour la première fois depuis longtemps.

"J`ai vécu, je pensais avoir vu" mais peut-être, se dit-il, qu’il suffirait de continuer à marcher, encore et encore, pour que la vie elle-même devienne une évasion.

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