Monstre
par RDX
Hip-Hop

Écoute ce morceau sur la radio communautaire Anthem.
par RDX
Hip-Hop

Écoute ce morceau sur la radio communautaire Anthem.
Tue le monstre avant qu'il parle,
avant qu'il trouve les bons mots.
Avant qu'il te susurre ses maux.
De comment il est devenu sale.
Parce qu'après son histoire,
tu risques de plus savoir
si tu dois sortir le coutelas.
ou lui tendre les bras.
J'l'ai vu dans l'fond d'la pièce sous la lumière,
Des cicatrices sous les paupières.
On m'a dit : « C'est une bête, surtout ne t'approche pas »,
Alors j'ai évité les coins, j'ai marché droit.
Il avait l'air dangereux, j'avais besoin d'un coupable,
J'ai dessiné ses cornes avant d'connaître sa fable.
J'ai pris ses silences pour des menaces, ses tremblements pour d'la haine,
J'ai jamais demandé pourquoi ses yeux transpiraient la peine.
Il m'a dit :
« J'ai pas toujours été comme ça. »
J'ai répondu :
« Ferme-la. »
Parce qu'un monstre qui raconte
devient un homme sans s'en rendre compte.
Alors tue-le avant son poison,
coupe le son de ses sanglots.
Parce qu'une larme sur la gueule d'un démon,
ça fout le doute au bourreau.
Tue le monstre avant qu'il raconte son histoire,
avant qu'tu voies ses blessures dans le noir.
Avant qu'tu comprennes ce qu'il cache dans le tiroir,
pourquoi quand il sourit, y'a quelque chose de bizarre.
Tue le monstre avant qu'il raconte son histoire,
parce qu'après tu risques de le croire.
Tu verras qu'sous les crocs, y'a peut-être juste un gosse
qui demandait qu'on le sorte de la fosse.
Il m'a parlé de son père, d'une maison sans fenêtres,
d'une enfance en mode survie où fallait apprendre à disparaître.
Des repas sans conversation, des portes qui claquent la nuit,
des « sois un homme » jusqu'à c'qu'il s'enfuie.
Il m'a raconté des peines comme on récite une prière,
les coups et les silence qu'on préfère.
Grandi avec la violence dans les veines,
Facile de confondre l'amour et la haine.
Et j'ai pensé :
« Putain... j'commence à le comprendre. »
Mais ce n'est pas pardonner de comprendre,
Impossible d'absoudre la violence.
C'est là qu'le piège commence.
Parce qu'un monstre expliqué
Dévoile l'enfant qu'on a condamné.
Tue le monstre avant qu'il raconte son histoire,
avant qu'tu voies ses blessures dans le noir.
Avant qu'tu comprennes ce qu'il cache dans le tiroir,
pourquoi quand il sourit, y'a quelque chose de bizarre.
Tue le monstre avant qu'il raconte son histoire,
parce qu'après tu risques de le croire.
Tu verras qu'sous les crocs, y'a peut-être juste un gosse
qui demandait qu'on le sorte de la fosse.
Et si le monstre avait raison ?
Et si derrière chaque crime
il y avait une confession
qu'on n'a jamais trouvé légitime?
Et si le pire des hommes
avait d'abord été le petit garçon
À qui personne n'a fait la leçon?
Ça n'excuse rien en somme.
Ça explique, c pas mieux.
Voire même plus dangereux.
Maintenant j'connais son prénom, j'connais même son anniversaire,
J'connais la chanson qu'il chantait à sa propre mère.
J'connais la peur qu'il cache derrière ses phrases militaires,
et pourquoi il nous déteste du plus profond de ses viscères.
J'voulais tuer une bête, j'ai découvert un petit être humain,
avec des rêves en ruine et du sang séché sur les mains.
J'ai voulu haïr le diable, mais le diable a eu une enfance,
un vieux vélo et des rêves d'innocence.
Alors j'ai baissé mon arme.
Pas parce qu'il était innocent.
Parce que g compris le goût du sang.
Et c'est ça l'horreur :
Oeil pour oeil, dent pour dent.
Et en faite, on le sais,
On est le reflet de ce qui nous a blesser.
[Dernier refrain]
Tue le monstre avant qu'il raconte son histoire,
avant qu'il mette un visage sur ce que tu veux croire.
Parce qu'une fois qu'il te parle, il devient un peu comme les autres,
les démons ont parfois le visage des apôtres.
Tue le monstre avant qu'il raconte son histoire,
avant qu'tu voies dans ses yeux ton reflet noir.
Parce qu'le pire des monstres, au fond, c'est peut-être celui
qui avait juste besoin qu'on l'écoute
avant qu'il devienne lui.
Alors...Tue le monstre.
si tu le laisses parler,
tu ne pourras plus jamais
Te dresser contre.